L’artiste et son modèle

Félix Charpentier. Léa sortant du bain.
Cet article intitulé « L’Artiste et son modèle » ne concerne ni Arcueil ni Cachan. Il m’a été inspiré par la découverte du modèle et épouse du sculpteur Félix Charpentier (1858-1924) célèbre à la fin du XIXe et au début du XXe s. Cette femme, Léa Lucas (1865-1935), était native de Chassant, un petit village de l’Eure-et-Loir situé à 120 km de Paris.
Or depuis plus de quarante ans, notre résidence secondaire voisine avec le Poilu du monument aux morts sculpté par Félix Charpentier.
Avec l’Association des amis de l’église (dont je suis), des habitants souhaiteraient donner le nom de place Félix Charpentier à la place de l’église. C’est en appuyant cette démarche que j’ai découvert la vie du sculpteur et de son modèle et épouse.
Un descendant de Félix et de Léa Charpentier, M. Daniel Bacchi nous ayant fait visiter cet été la maison de ses ancêtres où sont rassemblées de très nombreuses œuvres du sculpteur, j’ai écrit ce texte. Il concerne Félix Charpentier mais aussi deux autres sculpteurs qui furent ses contemporains Auguste Rodin (1840-1917) et Aristide Maillol (1861-1944). Cet article est un encouragement à faire, lors des Journées du Patrimoine, la découverte des créations, nombreuses dans l’espace public, de ces artistes qui n’auraient pas eu la carrière qu’ils ont eue sans leurs modèles. J’ai tenté de vous en donner un avant goût. Un article concernant le village de Chassant et les derniers propriétaires « nobles » de son château disparu est en cours d’écriture et sera publié sur ce blog.

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Le déraillement du train de voyageurs Paris-Limours et son embrasement le 30 mars 1905 à Arcueil-Cachan : les causes par l’analyse des journaux.

Après la présentation par Bruno Teste de l’accident ferroviaire survenu le 30 mars 1905 à Arcueil-Cachan, voici  l’analyse des causes de cet accident qui fit trois morts et neuf blessés graves. N’ayant pas trouvé les rapports des expertises réalisées, en utilisant vingt ans de savoir-faire professionnel dans le domaine de la sécurité dans le transport ferroviaire, j’ai fait l’analyse de cette catastrophe à partir des journaux parus. De nombreuses questions posées sur les causes de l’accident resteront cependant sans réponse. Il manque notamment les tableaux de service des mécaniciens du train n°41 parti de la gare de Luxembourg le 30 mars au matin avec une trentaine de voyageurs. Il manque aussi les condamnations (s’il y en eut) des divers agents de la Compagnie d’Orléans rendus responsables par l’expert judiciaire et dont nous ignorons l’identité...Dans les jours qui suivirent le déraillement et l’embrasement du train, les journaux ont pour la plupart donné une analyse voisine de la catastrophe mais avec quelques points de vue différents sur les causes et donc sur les responsabilités. Il y eut aussi des journaux qui donnèrent des informations divergentes sur la catastrophe elle-même. Voici donc le résultat de ma « propre expertise » à travers la lecture de la presse (publiée sur Retronews) qui devrait permettre de se faire une opinion sur les causes et donc les responsabilités. Dans l’annexe, on pourra se référer aux documents publiés. Je remercie Bruno de m’avoir suggéré cette recherche.

Lire le dossier : Le déraillement du train de voyageurs Paris-Limours

Lire l'annexe du dossier : Le déraillement du train de voyageurs Paris-Limours

Grandir après la Shoah : la Maison d’enfants d’Arcueil

Place Lavoisier
Le 17 décembre 1949, en présence du maire Marius Sidobre, était inaugurée au 1 place Lavoisier à Arcueil une maison destinée à servir de foyer à des orphelins de déportés et de fusillés. La Maison d’enfants d’Arcueil, ouverte par la Commission Centrale de l’Enfance (CCE) de l’Union des Juifs pour la Résistance et l’Entraide (UJRE), fermera à l’été 1958. Grâce à la solidarité, la plupart des enfants de ces maisons réussiront à se reconstruire. L’Arcueillais Marcel Uziel, fils de Vida Cohen décédée de la tuberculose en 1938 et de Yassef Uziel, juif originaire de Constantinople, arrêté en 1941, déporté et assassiné par les nazis en 1945, fut logé dans la Maison d’enfants d’Arcueil. Il demande depuis plusieurs années qu’une plaque soit apposée sur la maison du 1 place Lavoisier pour rappeler qu’elle abrita des enfants et adolescents dont les parents arrêtés lors de la rafle du billet vert ou lors de la rafle du Vel’ d’Hiv furent des victimes du nazisme. C’est pour répondre à l’attente de Marcel Uziel que j’ai effectué cette recherche intitulée « Grandir après la Shoah : la Maison d’enfants d’Arcueil ». Dans le texte, je raconte l’histoire de quelques-unes des maisons d’enfants de la CCE dont celle du Manoir de Denouval à Andrésy et celle d’Arcueil mais aussi la destinée tragique de quelques-uns de leurs pensionnaires. Cette recherche vient compléter celle effectuée en 2020 sur les résistantes juives de la MOI à l’occasion de la découverte de l’une d’entre elles, Menika Chilischi, qui, arrêtée le 17 novembre 1943 à Arcueil 43 avenue Richaud, déportée par le convoi 67, mourut à Auschwitz.



Ils et elles ont dit NON à une « guerre sans nom » :

les « soldats du refus » et les « porteuses de valises ».

Voulant compléter ce que j’avais écrit sur l’arcueillaise Hélène Ksiazek, veuve du guillotiné pour l’exemple Fernand Iveton, j’ai consulté un article de Wikipédia sur « les soldats du refus », cette quarantaine d’appelés communistes qui, de juillet 1956 à mai 1959, ne quittèrent pas l’Armée mais refusèrent d’aller combattre en Algérie. Que ne fut pas mon étonnement d’y trouver un soldat du contingent cachanais, Guy Bougerol. Cette découverte m’a conduite à faire une recherche sur ces jeunes gens qui, en rendant publique leur refus de participer aux opérations de maintien de l’ordre en Algérie, risquaient deux ans de prison voire davantage. Guy Bougerol, comme tous les autres soldats du refus, fut soutenu par le comité local du Secours populaire français (dont je détaille les actions pendant la guerre d’Algérie). Alors que fin mai 1959, le secrétaire du PCF, Maurice Thorez, demandait que soit mis fin au mouvement des soldats du refus pour privilégier l’action des appelés à l’intérieur de l’Armée, se tenait en août 1960 le premier congrès du mouvement « Jeune Résistance », mouvement officialisé en mai 1959, qui regroupait insoumis et déserteurs anticolonialistes pour la plupart réfugiés en Suisse. Et le 5 septembre 1960 paraissait dans les Temps Modernes de Jean-Paul Sartre une liste de 121 signataires d’une déclaration (immédiatement censurée) proclamant « le droit à l’insoumission ». Ce « Manifeste des 121 » sortait au moment où débutait à Paris, devant le Tribunal Permanent des ForcesArmées, le procès des membres du réseau de Francis Jeanson, appelé aussi réseau des « porteurs de valise ». Pourquoi cette publication ? dans les prévenus figurait un déserteur. Parmi les membres du réseau qui apportèrent un soutien clandestin au FLN en hébergeant ses membres, en collectant et transportant des fonds, en éditant et transportant des documents, des tracts et des journaux, il y eut plusieurs femmes qui furent emprisonnées à la Petite Roquette à Paris dont six, après des condamnations à 10 ans d’emprisonnement, firent une remarquable évasion. Dans ces femmes emprisonnées à Paris, il y eut la seconde épouse du physicien cachanais Robert Klapisch, l’historienne Christiane Klapisch-Zuber, spécialiste de l’histoire de la famille, de la transmission du patrimoine, auteure de nombreux livres sur les femmes à Florence de la fin du Moyen-Age à la Renaissance. Cette recherche sur ceux et celles « qui dirent Non à une guerre sans nom » m’a donné l’occasion d’évoquer deux costarmoricains, le soldat du refus Jean Le Meur et la porteuse de valises Annette Beaumanoir. Jean Le Meur, jeune officier qui fit publier ses lettres dans la revue Esprit, fut condamné à deux ans de prison par un tribunal militaire siégeant à Constantine ; professeur agrégé, il enseigna le français au lycée où ma sœur et moi avions fait nos études secondaires et eut notre mère comme collègue. La « doctoresse rouge » Annette Beaumanoir, membre du réseau Jeanson, avait été condamnée à 10 ans de prison ; grâce à des complicités dans le milieu médical, elle put sortir des Baumettes et rejoindre la Tunisie. Annette Beaumanoir fut Résistante, faite Juste parmi les Nations en 1996, soutien au réseau FLN du Sud de la France, médecin en Tunisie auprès des soldats de l’ALN et des populations algériennes déplacées puis après l’Indépendance de l’Algérie, elle fut adjointe du Ministre de la Santé dans le gouvernement de Ben Bella. Retraitée (elle a 97 ans) elle partage sa vie entre sa maison de Saint-Cast-le-Guildo (où j’aurais pu la rencontrer) et celle de Dieulefit (Drôme), ville des Justes. L’action de ces femmes et de ces hommes fut minoritaire. A-t-elle permis à l’opinion française de prendre conscience de la situation en Algérie et permis d’accélérer le processus de paix ? Peut-être. Il m’a semblé important, un peu moins d’un an avant la célébration des 60 ans des accords d’Évian, au moment où l’on parle de réconciliation des mémoires françaises et algériennes, de faire connaître « cette Résistance française à la guerre d’Algérie ». Je vous souhaite une bonne lecture de ce dossier qui permet de découvrir ce que fut cette résistance à travers quelques destins de soldats du refus et à travers l’histoire de femmes qui, dans l’action clandestine, aidèrent le FLN en France.

Lire le dossier : Ils et elles ont dit NON à une « guerre sans nom » : les « soldats du refus » et les « porteuses de valises ».

« De ces femmes blessées »

Hélène Ksiazek est décédée à 76 ans à Arcueil le 10 mai 1998. Le 11 février 1957, un mois après le début de la bataille d’Alger, sa vie basculait. Son mari, l’ouvrier Fernand Iveton, qu’elle avait épousé le 26 juillet 1955 à Alger, venait d’être décapité dans la cour de la prison Barberousse d’Alger. Depuis 1954, elle vivait avec lui au Clos-Salembier, une banlieue populaire d’Alger et travaillait alors comme serveuse dans un restaurant d’entreprise. Fernand Iveton ne fut pas le seul algérien d’origine française rangé aux côtés du FLN qui fut tué, mais il est le seul, après avoir été torturé, à avoir été condamné à mort par un tribunal militaire et exécuté. Il avait tenté, sans intention homicide, de saboter l’usine électrique où il travaillait. Seront évoqués Paul Teitgen, secrétaire général de la préfecture de police d’Alger, qui tenta de s’opposer à la torture et les écrivains Mouloud Féraoun, Emmanuel Robles, Albert Camus et Jean-Paul Sartre dans ce que l’on peut appeler « l’affaire Iveton ». Le 15 mai 1957, des arcueillais s’adressaient à René Coty, Président de la République, pour dénoncer la torture et les exécutions sans jugement et appelaient à manifester. Alors que le jeune mathématicien Maurice Audin, assassiné le 21 juin 1957 par les parachutistes du général Massu, est devenu un symbole de la terreur d’État et désormais reconnu comme tel, Fernand Iveton, victime lui-aussi de la terreur d’État, n’a pas été réhabilité par les autorités françaises, cela malgré les démarches de son épouse. Celle-ci, dès l’arrestation de son mari connue, refusa de l’abandonner à son sort. Sans le roman de Joseph Andras paru en 2016 « De nos frères blessés », découvert à la médiathèque d’Arcueil et sans le livre de Jean-Luc Einaudi « Pour l’exemple, l’affaire Fernand Iveton », j’aurais ignoré cette histoire. J’ai voulu tirer de l’oubli l’arcueillaise Hélène Ksiazek et son époux l’algérois Fernand Iveton et contribuer aux initiatives prises pour la commémoration de la fin de la guerre d’Algérie.

Lire le dossier : De ces femmes blessées 

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Histoires des propriétaires successifs de 1757 à 1938 d’une maison bourgeoise arcueillaise devenue en 1834 la Maison de campagne du Collège des Irlandais

Revisitant les grands domaines d’Arcueil-Cachan pour effectuer un état des lieux de la commune à la veille de la Révolution française, j’ai été amenée à consulter les archives mises en ligne par le Centre culturel irlandais sur la propriété que possédait le Collège des Irlandais à Arcueil. Cela m’a permis de constituer une base de données des propriétaires successifs d’une « maison bourgeoise » située dans le quartier des Irlandais à Arcueil, où sont la cité HLM des Irlandais (construite entre 1958 et 1960), le parc Erik Satie inauguré le 25 juin 1966 par Marcel Trigon et Darius Milhaud et l’Ehpad « la Maison du Grand Cèdre » ouvert en 2012. Dans cette cité HLM des Irlandais à l’escalier 17, bâtiment G, vécut de 1960 à son décès le 10 mai 1998, Mme Hélène Ksiazek, veuve de l’algérois d’origine européenne Fernand Iveton qui fut « guillotiné pour l’exemple » le 11 février 1957 à Alger. (voir notre article les concernant sur ce blog intitulé De ces femmes blessées). 

Aucune des archives consultées du Centre culturel irlandais ne mentionne une quelconque propriété du Collège des Irlandais avant 1834, date à laquelle son supérieur, le révérend Mac-Sweeny, achète pour 46 500 F à l’architecte Hubert Rohault de Fleury une « maison bourgeoise » avec son parc et ses jardins située 99 rue de la Fontaine à Arcueil. La maison n’eut pas moins de dix propriétaires successifs de 1757 jusqu’à 1938. Je présente l’histoire et la généalogie de six d’entre eux. N’est pas développée la période contemporaine figurant au dossier de Henri Toulouze intitulé « Les Irlandais de la maison de campagne d’antan à la cité d’aujourd’hui » paru sur le blog de la médiathèque d’Arcueil, quand la propriété devint siège des laboratoires Innothéra du pharmacien Chantereau, la Cité HLM « Les Irlandais » et l’établissement pour personnes âgées « La Maison du Grand Cèdre ». Cette recherche, initiée par le conservateur du patrimoine d’Arcueil, tente de répondre à plusieurs interrogations de Henri Toulouze figurant dans son dossier. Je pense y avoir réussi. Cela fut pour moi l’occasion de raconter, plus qu’une histoire des propriétaires d’une maison arcueillaise, celle de Paris et de ses représentants de corporations disparues à la Révolution, de ses artistes et de sa bourgeoisie fortunée, telle que l’on peut la découvrir grâce aux portraits de Dominique Ingres et aux comédies de Eugène Labiche, tous deux apparentés aux propriétaires de la dite maison. Bonne lecture à tou(te)s d’une recherche qui couvre encore une fois une longue période historique de Louis XV à la Troisième République.

L’histoire des propriétaires de la future « Maison des Irlandais » est présentée en quatre dossiers :

En premier lieu : l’affaire de l’imprimerie clandestine du clergé, avec l’histoire et la généalogie du procureur à la cour des monnaies Jean-Claude Bailly (1729-1765) et son épouse Marie-Louise Langlois, de l’abbé Pierre-François Lechanteux décédé en 1785, aumônier du Duc d’Orléans et du libraire-imprimeur de l’Almanach royal Laurent-Charles d’Houry (1723-1786) et son épouse Jeanne Nérat. 

Dans la seconde partie : Antoine-Christophe Gerdret (1749-1793) négociant de mousseline pour Marie-Antoinette devenu fabricant de draps à la Révolution, son épouse Anne Lefébure et leurs fils établis comme filateurs de draps à Louviers et leur descendance. 

En troisième partie, le fabricant de chandelles et député Hippolyte Ganneron (1792-1847), le marchand de draps Jean-Isidore Adeline (1774-1850) et l’architecte Hubert Rohault de Fleury (1777-1846), riches bourgeois parisiens.

Et enfin, dans le quatrième et dernière partie de ce dossier, l’histoire du Collège catholique parisien des Irlandais et sa maison de campagne acquise à Arcueil en 1834 avec ses projets de transformation sous l’administration de l’abbé Ouin-La-Croix (1817-1879).  

Lire le dossier : Les propriétaires de la Maison du 99 rue de la Fontaine de 1757 à 1788

Lire le dossier : Le négociant Antoine-Christophe Gerdret et Anne Lefébure

Lire le dossier : Le fabricant de chandelles Hippolyte Ganneron et le marchand de draps Jean-Isidore Adeline

Lire le dossier sur Lire le dossier sur l’histoire du Collège catholique parisien des Irlandais et sa maison de campagne acquise à Arcueil

Une saga familiale arcueillaise, celle des Sainctot et Vizé.

Nicolas de Saincot

Dans son étude sur le domaine Laplace, Henri Toulouze ne s’est volontairement pas attardé sur les  Sainctot, qui furent seigneurs de Vémars-en-France et de Lardenay, et propriétaires d’un domaine à Arcueil, celui qui deviendra le parc Laplace. Cette famille méritait une recherche particulière. C’est ce que j’ai réalisé en cherchant à connaître les premiers propriétaires du domaine mais aussi l’origine du titre nobiliaire « seigneur de Lardenay ». Dans sa monographie sur Arcueil et Cachan, L.L Veyssière écrivait
(p 102) : « C'est d'abord Pierre de Sainctot, Trésorier des finances, qui détient la seigneurie ; il meurt en 1642 ; c'est ensuite Jean-Baptiste Sainctot, sieur de Vimars, conseiller du Roy et gentilhomme ordinaire de sa Chambre ; il décède en 1652 ; puis Nicolas de Sainctot, Maître de cérémonies, mort en 1655, et enfin un second Nicolas, Introducteur des Ambassadeurs, décédé en 1713 à 81 ans ; c'est le dernier de ce nom à avoir été seigneur d'Arcueil. Le domaine est ensuite passé au Président Pierre de Lisle puis à sa veuve Aîmée-Louise de Bouchavant. C'est Pierre de Lisle qui fit construire la belle et confortable demeure que l'on qualifia de château. » 

Pierre de Sainctot, trésorier des finances à Tours, mort en 1642, ne fut pas le premier de la famille à détenir la propriété. Ce fut son grand père maternel Claude Vizé (1528-1574), marchand mercier parisien, qui acquiert à Arcueil à partir de 1557 une ferme, des vignes et du prieur de l'abbaye de Saint-Denis de l'Estrée un pré au lieu dit Arthenay (Lardenay). La propriété passe à ses "hoirs" puis apres partage, en 1588, au gendre de Claude Vizé (1528-1574), Pierre Sainctot, décédé en 1639, marchand drapier, bourgeois et échevin de Paris, anobli par Henri IV. Ce sont les fils de Pierre et Anne Vizé, Pierre, Jean-Baptiste, Nicolas I de Sainctot et Étienne qui en hériteront et prendront le titre de seigneurs de Lardenais. Nicolas II de Sainctot, le dernier de cette famille, qui fut propriétaire à Arcueil, est le fils de Nicolas I, lui-aussi maître de cérémonies ; il sera maître de cérémonies et introducteur des ambassadeurs sous Louis XIV. La propriété d'Arcueil est alors une ferme située dans le village à proximité de la Grande Rue. Elle deviendra château avec le Président Pierre-Louis Thomas de L'Isle décédé en 1720 et son épouse Anne-Françoise-Louise Boucherat, nièce du chancelier Louis Boucherat, décédée en 1740. Celle-ci est la demi-soeur utérine de Simon-Emérit de Vizé, dont le père Simon de Vizé, trésorier de France dans la généralité de Soissons, décédé en 1667, est le cousin issu de germain de Nicolas II de Sainctot. 

C'est par Nicolas II de Sainctot, maître de cérémonies et introducteur des ambassadeurs, que j'ai commencé cette saga arcueillaise. Vous découvrirez ensuite Pierre et son épouse Marguerite de Vion qui sera la maîtresse du poète Voiture, Jean-Baptiste, Nicolas I et Étienne de Sainctot, seigneurs de Vémars et de Lardenais, puis leur grand-père Étienne (1524-1611) et sa descendance dont Pierre Sainctot, leur père, tous deux marchands drapiers et bourgeois parisiens, et enfin le marchand et bourgeois de Paris Claude Vizé, à l'origine de la propriété et du titre nobiliaire, et sa descendance Vizé. J'ai conscience que cette saga familiale est longue mais elle mérite que l'on s'y attarde. Aussi, profitez bien de vos longues soirées d'hiver pour prendre plaisir à lire cette histoire comme j'ai eu plaisir à l'écrire. 

Lire le dossier : Nicolas II de Sainctot, seigneur de Vémars et de Lardenay

Lire le dossier : Les maîtres de cérémonies Jean-Baptiste et Nicolas de Sainctot

Lire le dossier : Le marchand drapier de Paris Étienne Sainctot

Lire le dossier : Le marchand mercier parisien Claude Vizé

Le prénom de Marianne, symbole de la République, aurait été à l’origine celui d’une Arcueillaise !

 

Marianne atelier de moulage Lorenzi Arcueil
D’après plusieurs sources, après le coup d’état du 4 septembre 1797, le prénom de « Marianne » aurait été donné par Paul Barras (30/06/1755-29/01/1829) à la République française avec les prénoms contractés de Marie-Anne Mouhat (2/01/1759-8/01/1813), épouse de Jean-François Reubell (8/06/1740-24/10/1807). En 1797, elle était « la première Dame de France » puisque Jean-François Reubell était alors le premier Président du Directoire. Marie-Anne Mouhat et Jean-François Reubell, tous deux de Colmar, avaient un château à Arcueil. En 1795, Jean-François Reubell avait acheté une propriété à Arcueil qu’il appelait « son jardin », où il se rendait presque chaque soir ; il la vendra en 1806 au savant Pierre-Simon Laplace. Jean-François Reubell ne fait pas partie des hommes célèbres du XVIIIe siècle étudiés par L.L Veyssière dans sa monographie sur Arcueil-Cachan. Il n’y est évoqué que brièvement ainsi que dans les blogs concernant le château Laplace. Et pourtant ! Il est un personnage important de la République à partir de 1789 et plus encore entre le 26 octobre 1795 et le 9 mai 1799. Marie-Anne Mouhat et Jean-François Reubell méritent que l’on s’attarde sur leur histoire.
À l’occasion de cette recherche faite à partir de « Jean-François Reubell, l’Alsacien de la Révolution française » de Jean-René Suratteau et Alain Bischoff paru en 1995 pour le bicentenaire du Directoire, j’ai découvert que par son épouse, Jean-François Reubell était apparenté à Jacques-Antoine Priqueler. Jacques-Antoine Priqueler est ce garde du corps du Roi, originaire de Champagney, petit village de Haute-Saône, qui fut l’inspirateur en 1789 de l’article de son cahier de doléances appelé « Vœu de Champagney ». Cet article demande l’abolition de l’esclavage des nègres dans les colonies. La lecture de cette publication sur Marie-Anne Mouhat, « Marianne arcueillaise », et sur Jean-François Reubell devrait donner à ceux, qui ne l’auraient pas lu, l’envie de lire mon étude sur « Les signataires du vœu de Champagney » parue sur ce blog. 

Lire dossier : Le prénom de Marianne, symbole de la République, aurait été à l’origine celui d’une Arcueillaise

La construction de la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, une conséquence de la défaite de la France en 1870

 


Dans quelques mois devrait être célébré le cent-cinquantième anniversaire de la Commune de Paris. Le classement aux monuments historiques de la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, annoncé mi-octobre 2020, va coïncider avec cet anniversaire. Cela a été vu comme une provocation. En effet, la basilique du Sacré-Cœur, dont la première pierre fut posée le 16 juillet 1875 sur cette colline de Montmartre où débuta la Commune, est considérée comme le symbole de la sanglante répression des Communards par les armées de Thiers. Pour preuves, cette déclaration de Hubert Rohault de Fleury (1828-1910), initiateur de la construction de l’église avec son beau-frère Alexandre Legentil (1821-1889): « Oui, c'est là où la Commune a commencé, là où ont été assassinés les généraux Clément-Thomas et Lecomte, que s'élèvera l'église du Sacré-Cœur ! Malgré nous, cette pensée ne pouvait nous quitter pendant la cérémonie dont on vient de lire les détails. Nous nous rappelions cette butte garnie de canons, sillonnée par des énergumènes avinés, habitée par une population qui paraissait hostile à toute idée religieuse et que la haine de l'Église semblait surtout animer. ». Cet été, je découvrais que cet homme, lié à notre histoire religieuse, était le petit-fils d’un architecte parisien, propriétaire à Arcueil de 1832 à 1834 d’une maison qu’il vendra comme maison de campagne au Collège des Irlandais. Cela m’a incitée à entreprendre une recherche sur l’histoire de la famille Rohault de Fleury et sur l’histoire controversée des origines de cette basilique. En voici les résultats. Mes sources sont les hagiographies de Hubert Rohault de Fleury et de Alexandre Legentil, les compte-rendus des séances de l’Assemblée nationale et les journaux de l’époque. J’ai profité de cette recherche pour évoquer le chevalier de la Barre décapité sous Louis XV pour blasphème, l’adresse de la basilique étant 35 rue du Chevalier-de-la-Barre ainsi que l’église Saint-Pierre de Montmartre, située sur la butte, menacée de démolition avec la construction du Sacré-Cœur ; cette charmante église paroissiale fut sauvée grâce à l’intervention du conseiller municipal Eugène Fournière. Je n’ai développé ni l’histoire de la construction du Sacré-Cœur qui s’étala sur plus de quarante ans ni les choix architecturaux qui furent faits. Bonne lecture à tou(te)s.