Une recherche sur l’origine du nom « Montmort » donné à un fief arcueillais à partir du XVIe siècle et Le poète Jean-François de Saint-Lambert et les femmes qu’il aima : Catherine de Boufflers, Émilie du Châtelet et Sophie d’Houdetot.

Jean-François de Saint-Lambert
Le nom « Montmort » a été donné en 1878 à une très ancienne rue d’Arcueil. D’où vient ce nom ? c’est la question posée par notre conservateur du patrimoine. J’ai donc poursuivi l’histoire des Sainctot, seigneurs de Lardenay et des Vize, seigneurs pour partie d’Arcueil par une recherche sur le nom « Montmort » évoqué pour le sieur Pierre Reynault, seigneur du fief de Montmort en 1555, fief racheté par Claude Vize (v.1565-1612) en 1603. Cette recherche m’a conduite à Françoise Mariette (1610-1690), dame de Montmort, mariée à Paul Fréart de Chantelou, important collectionneur de tableaux de Nicolas Poussin et à Henri-Louis Habert de Montmort (1603-1679), seigneur du Mesnil-Saint-Denis, lié au peintre Philippe de Champaigne. Ils ont fréquenté tous les trois l’hôtel de Rambouillet comme le poète Voiture, qui fut l’amant de la précieuse Mme de Sainctot (1600-1666), belle-sœur de Jean-Baptiste de Sainctot, maître de cérémonies et que nous avons découverte dans un beau portrait qu’elle fit d’elle-même. Cette recherche sur les Habert de Monmort s’est continuée après la découverte d’un mariage le 13 janvier 1631 de Marguerite Bobye, fille de Marguerite Vize et Louis Bobye avec Pierre Habert, un descendant d’une branche cadette des Habert de Montmort. Malgré ces tentatives, je n’ai pas réussi à trouver l’origine du nom « Montmort ». Le nom n’a pas été transmis au fief arcueillais par ces familles. Mon hypothèse est que c’est une réminiscence de son sens étymologique « Mont des Morts », car Arcueil fut une nécropole au Haut Moyen-Age. En poursuivant la recherche généalogique, j’ai fait une découverte. Dans la descendance de Marguerite Bobye (et donc de Claude Vize, décédé en 1574, marchand-mercier et bourgeois de Paris), est apparu  Jean-François de Saint-Lambert (1716-1803), militaire, poète, philosophe et académicien au Siècle des Lumières. Il fut l’amant de femmes « célèbres » : Catherine de Boufflers, Émilie du Châtelet et Sophie d’Houdetot et ami de Charles-Juste de Beauvau-Craon. Comme Voltaire, Jean-François de Saint-Lambert fait partie des écrivains anti-esclavagistes du XVIIIe siècle. Je vous invite à lire ces deux nouvelles histoires.

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Lire le dossier sur Jean-François de Saint-Lambert

La succession de François-Vincent Raspail

Evariste de Valernes.
François-Vincent Raspail en 1880. 
Encore un gros dossier. Celui-ci concerne la succession de François-Vincent Raspail et celle de son fils Camille, qui fut médecin à Paris et député radical-socialiste du Var de 1885 jusqu’à son décès en 1893. Très soudés pour sauvegarder la mémoire de leur père à partir de sa mort en 1878, les fils Raspail, l’aîné Benjamin et le cadet Xavier, le furent beaucoup moins après la mort d’Émile en 1887 et celle de Camille en 1893. Dans ce dossier, vous découvrirez plusieurs procès intentés par Xavier Raspail et notamment ceux intentés à ses neveux Julien, fils d’Émile et François, fils de Camille. Ce dossier se termine par l’histoire des propriétés des fils Raspail et celle du fonds Raspail (Papiers, livres et collection de tableaux de Benjamin) telle que nous la racontent les archives départementales du Val de Marne. Cette recherche s’inscrit dans celles qui ont pu être faites sur une famille qui a laissé son empreinte dans l’histoire d’Arcueil avec Émile (dont les réalisations en tant que maire ne manquent pas) et celle de Cachan avec Benjamin. 

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Deux branches collatérales de la famille des Vize

Armoiries de la Cie royale des Indes orientales
créée en 1664
La préparation de ma conférence du 20 octobre 2022 à la médiathèque Louis Pergaud d’Arcueil sur une saga familiale arcueillaise, celle des Vize et Sainctot, m’a fourni l’occasion d’une recherche sur deux branches collatérales de la famille Vize : celle des de Lannel et des Thomas de Lisle. J’ai  découvert Jacques de Lannel de Pazzy, qui vécut au XVIIe siècle, un neveu de Claude Vize, seigneur pour partie d’Arcueil, décédé en 1647 ; Jacques de Lannel de Pazzy était le fils de Charlotte Vize et de l’écrivain du XVIIe siècle Jean de Lannel ; il se maria en 1660 à Marie Morice, fille d’un trésorier général des domaines, François Morice mort en 1661, fortement endetté. Il fallut 25 ans pour que le règlement de ses dettes soit effectif. Ce règlement avec la liste de ses créanciers est paru dans le recueil Thoisy  de droit public et civil dans un registre des requêtes du Parlement, daté du 9 août 1686, et qui fait 29 pages. J’ai complété ce que je savais sur l’ascendance paternelle de Pierre-Louis Thomas de Lisle, époux de Anne-Françoise-Louise Boucherat, demi-sœur utérine de Simon Emery de Vize, petit-fils de ce même Claude Vize ; Pierre-Louis Thomas de Lisle qui fit construire au début du XVIIIe siècle le château d’Arcueil, château qui sera celui de Simon de Laplace, habitera dans le Marais avec son épouse un hôtel particulier au 10 rue de Thorigny, construit par un associé de son père, Claude Gueston, l’un des premiers directeurs de la Compagnie royale des Indes orientales. Dans les documents consultés concernant ces deux familles, apparaît un procureur des rentes, Gilles Thomas de la Chapelle, oncle de Pierre-Louis Thomas de Lisle et à chaque fois, il y a une référence à Arcueil. Les résultats de cette recherche méritent donc d’être portés à la connaissance de tou(te)s. 

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« Fait divers : un assassinat en gare d’Arcueil-Cachan le 7 octobre 1872 »

Charles Lachaud dans Le Monde illustré
Par hasard, en consultant la presse concernant Arcueil mise en ligne par la BNF, j’ai découvert un fait divers : un assassinat à la gare d’Arcueil-Cachan survenu le 7 octobre 1872. J’ai pensé à un crime crapuleux commis par quelqu’un désirant s‘approprier la recette de la gare. Il s’agissait de tout autre chose. J’ai eu la surprise d’apprendre que l’auteur du crime révélé était le chef de station lui-même.
Il sera condamné à vingt ans de travaux forcés pour meurtre sur la personne de son chef d’exploitation. Son défenseur, qui sauva la tête de l’inculpé, fut Maître Charles Lachaud, le célèbre avocat qui avait été l’un des défenseurs de Marie Lafarge. Comment  un chef de gare sans histoire, âgé de 51 ans, père de famille nombreuse, est-il arrivé à cette extrémité ? C’est ce que vous allez découvrir.  

Germain Pilon, sculpteur du Roy au XVIe siècle, propriétaire à Arcueil : famille, œuvres, atelier.

La Diane de Versailles offerte à Henri II
et placée en 1696 dans la Galerie des Glaces
Cet article, annoncé dans la conclusion de celui que j’ai consacré au Mystère de Saint-Blaise joué à Arcueil en 1540 (et qui vient de paraître sur ce blog), concerne le grand sculpteur de la Renaissance française, Germain Pilon (ou Pillon) (v. 1528-1590). Il fit, dans la seconde moitié du XVIe siècle, l’achat de terres agricoles à Arcueil et dans les communes alentours. Les œuvres les plus connues de Germain Pilon sont des sépultures dont le magnifique tombeau de Henri II et de Catherine de Médicis dans la basilique Saint-Denis. Comme il était fréquent au XVIe siècle, le métier de sculpteur se transmettait de père en fils, la destinée des fils du sculpteur sera donc présentée. Ensuite mon intérêt s’est porté sur une branche familiale collatérale de celle de Germain Pilon, celle de sa sœur Noémie Pilon. Et dans cette famille, on trouve le nom du plus grand architecte du XVIIe et du début du XVIIIe siècle, Jules Hardouin-Mansart (1646-1708), l’architecte de la galerie des Glaces. Avec cet article, c’est une petite partie de l’Histoire de l’Art au XVIe, avec la sculpture que j’invite à découvrir à partir du minutier central des notaires parisiens dépouillé aux Archives nationales par Mme Catherine Grodecki mais aussi à découvrir l’architecture au XVIIe à travers les noms et les œuvres de Hardouin-Mansart et des Gabriel. Dans les jardins d’Arcueil dans le bosquet de Diane, dont l’entrée se trouvait à l’emplacement de l’entrée de la Maison Curie rue Clément Ader, au Sud du Grand escalier, se trouvait une reproduction de l’Artémis antique dite Diane de Versailles. Cette statue romaine, copie d’une statue grecque, avait été offerte à Henri II en 1556 ; placée dans les jardins du château de Fontainebleau, restaurée par un élève de Germain Pilon en 1602, elle fut placée en 1696 dans la Galerie des Glaces. La statue arcueillaise de Diane n’existe plus. Il en existe un dessin, celui du bosquet de Diane par Jean-Baptiste Oudry avec dans le fonds cette Diane chasseresse. Peut-être après cet article, serez-vous incité(e) à aller découvrir les chefs d’œuvre sculptés des jardins de Versailles présentés dans la galerie des sculptures et des moulages dans la petite écurie de Versailles (ouverte les samedi et dimanche jusqu’au 30 octobre 2022). 

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Un Mystère sacré joué à Arcueil à la fin du Moyen-Âge : le Mystère de Saint-Blaise

Le supplice de Saint-Blaise
Faisant une recherche généalogique dans les minutes d’un notaire parisien sur les habitants d’Arcueil qui, en 1606, avaient signé un accord avec André Hurault de Maisse sur le partage de l’eau de la seule fontaine du village, j’ai fait une découverte. Il s’agit d’un contrat concernant six laboureurs arcueillais qui passèrent le 13 juin 1540 un marché avec un peintre parisien pour la construction des décors d’un Mystère joué à Arcueil, celui de M. Saint-Blaise. Pour les médiévistes s’intéressant à l’histoire du théâtre français, cet acte notarié est important, (il en existe cinq autres) car même si à Paris, à la fin du XVe et au début du XVIe siècle, les représentations théâtrales des Mystères sacrés étaient nombreuses, il y a très peu de représentations documentées. Les documents concernant les Mystères joués à Paris sont probablement dispersés dans plusieurs fonds d’archives ou perdus. La représentation d’Arcueil eut lieu à une date où les spectacles de la vie des saints n’avaient pas encore suscité l’hostilité du Parlement de Paris. C’était avant l’arrêt de 1548 de ce même Parlement qui interdit de jouer des Mystères sacrés à Paris et en banlieue. 1548 marque la fin du drame médiéval et donc d’un théâtre « populaire » avec des auteurs anonymes et des acteurs non professionnels avant que n’apparaisse un théâtre « intellectuel » avec « Cléopâtre captive », tragédie d’inspiration antique d’Étienne Jodelle, écrite en alexandrins et décasyllabes et représentée en 1552 et en 1553 devant Henri II. Les poètes de la Pléiade, amis de Jodelle, étaient venus à Arcueil fêter son succès, dans ce même village où quelques années auparavant, avait été donné le Mystère de Saint-Blaise. Le contrat arcueillais, qui en détaille les décors et les accessoires, est « exceptionnel ». J’en fais l’analyse à partir de l’article du médiéviste Graham A. Runnals paru dans le tome 119 de la revue Romania en 2001. Je présente aussi deux autres Mystères donnés en banlieue, celui de Saint-Cyr qui fut joué à Villejuif en 1547 et celui de « La Vendition de Joseph » joué à Annet-sur-Marne en 1560. J’ai donc cherché pourquoi Saint-Blaise a été honoré à Arcueil. J’ai trouvé que ce saint et martyr était le patron des carriers et que l’église Saint-Denys en avait eu une relique au XVe siècle. Alors profitez de mes découvertes. 

« François-Vincent Raspail (1794-1878) candidat à la première élection présidentielle au suffrage universel » et « Arcueil et les inculpés à la suite de l’insurrection ouvrière de juin 1848 et du coup d’État de décembre 1851 »

Daumier : Jeanne Deroin au centre de l'Emeute
L’élection présidentielle de mai 2022 m’a conduite à m’intéresser à la première élection en France d’un président de la République au suffrage universel (masculin), celle du 10 décembre 1848. Cette élection faisait suite à la chute de Louis-Philippe, à l’instauration de la Seconde République et à l’insurrection parisienne des 23, 24 et 25 juin 1848. Elle vit l’élection de Louis-Napoléon Bonaparte contre le général Cavaignac, massacreur des insurgés de juin. À cette élection présidentielle fut « candidat impossible » notre futur compatriote, le républicain et médecin des pauvres François-Vincent Raspail. N’étant pas autorisé à se représenter à la présidence de la République (mandat limité à 4 ans sans possibilité de renouvellement), Louis-Napoléon Bonaparte fit un coup d’État. Et il y eut de nouveau une insurrection, plus importante en Province qu’à Paris et ses banlieues. Comme je l’avais fait pour les Communards, j’ai cherché s’il y avait eu des Arcueillais impliqués dans l’insurrection parisienne de juin 1848 et celle qui suivit le coup d’État du 2 décembre 1851. J’ai ainsi découvert les noms de 43 Arcueillais inculpés : 27 en 1848 et 16 en 1851 dont 5 qui furent transportés (déportés) en Algérie. Dans mon premier texte « François-Vincent Raspail, candidat à la première élection présidentielle au suffrage universel », sont publiés quelques-uns de ses écrits politiques dont une adresse à ses concitoyens en vue de l’élection du 10 décembre 1848. Dans le second texte « Arcueil et les inculpés à la suite de  l’insurrection ouvrière de juin 1848 et du coup d’État de décembre 1851 », sont publiés des témoignages de « transportés en Algérie ». Des femmes ayant fait irruption dans l’espace public en 1848 et ayant subi la répression, je présente les hommages de Victor Hugo à deux d’entre elles : Pauline Roland née le 6 juin 1805, qui avait essayé de voter en 1848, morte le 16 décembre 1852 lors de son retour de transportation en Algérie et Louise Julien née le 17 juin 1815, morte en exil à Jersey le 23 juillet 1853. Je présente Jeanne Deroin née le 31 décembre 1805 qui, réclamant l’égalité civile et politique, posa sa candidature aux élections législatives de 1849 en dépit des réactions hostiles. Après le coup d’État du 2 décembre 1851, elle s’exila à Londres où elle mourut le 2 avril 1894. Je vous souhaite une bonne lecture de ces deux dossiers. Profitez-en pour lire ou relire ce que j’ai publié sur « Arcueil et la Commune de Paris ». 


Marguerite de Saint-Marceaux, une mécène au temps de Marcel Proust

Effectuant une recherche sur Arcueil, j’ai découvert que Marguerite Jourdain (9/05/1850-22/02/1930), connue sous le nom de Marguerite de Saint-Marceaux dite Meg, est l’une des descendantes de Antoine-Christophe Gerdret (1749-1793), devenu propriétaire en 1788 de la maison qui deviendra la maison des Irlandais. Or, Mme de Saint-Marceaux est le principal modèle de Mme Verdurin, l’un des personnages de A la Recherche du temps perdu. Cette découverte m’a conduite à une recherche sur quelques uns des personnages imaginés par Marcel Proust (dont on fête en 2022 le 100e anniversaire de la mort) ainsi que sur les salonnières qui furent des mécènes à la Belle Époque. J’en profite pour donner à lire quelques extraits du Journal de Meg et quelques pages de la Recherche. Le salon de Meg me permet d’évoquer les compositeurs aimés par l’écrivain. Alors bonne lecture…

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L’aqueduc de Lutèce ou l’aqueduc gallo-romain d’Arcueil

Coupe de l'aqueduc
Cette grosse recherche sur l’aqueduc gallo-romain d’Arcueil qui vient d’aboutir m’a été suggérée par Bruno Teste. Elle a pu être réalisée grâce aux informations qui m’ont été fournies par Gérard Vergison-Rozier, notre conservateur du patrimoine. De nombreuses données sur cet aqueduc dans les communes traversées : L’Haÿ, Cachan, Arcueil et Gentilly ainsi que Paris sont issues de la publication « Carte archéologique de la Gaule. Département du Val de Marne » parue en 2001 ainsi que de la carte archéologique de Paris mise en ligne depuis juillet 2019 et qui recense 170 ans de recherches archéologiques dans le sous-sol parisien. Cette recherche m’a permis de découvrir celui qui fut le père de l’archéologie parisienne au XIXe siècle, l’architecte Théodore Vacquer. (C’est lui qui a découvert les arènes de Lutèce). Même s’il y a encore aujourd’hui nécessité de poursuivre les recherches archéologiques dans la lignée des découvertes effectuées jusqu’alors et en particulier par Eugène Belgrand, l’état des lieux présenté ici montre l’intérêt de cet ouvrage avec son pont-aqueduc qui, rappelons-le, a donné son nom à notre ville d’Arcueil et sert de base aux deux autres ponts remarquables barrant la vallée de la Bièvre, l’aqueduc Médicis et l’aqueduc Belgrand situés à la limite d’Arcueil et de Cachan. Bonne lecture !